Les forges et aciéries d'Allevard
II

Coulée de fonte aux forges d'Allevard. Gravure de Victor Cassien vers 1830.
C'est la fabrication d'armes de guerre qui a contribué à la renommée du fer d'Allevard, notemment les épées des Allobroges, quatre siècles avant notre ère, et les croisées par les "Chartreux maîtres de forges". L'acier fabfiqué à Allevard a servi à la fabrication de plaques de blindage des bateaux cuirassés (1859), des canons "de Colbert" sous Louis XIV, des canons "de 75" pendant la guerre de 1914, de bandages de roues de chemins de fer, de ressorts, de couteaux, d'outils agricoles et d'aimants.

Presses pour la mise en forme des aimants.

Presse d'essai de résistance des ressorts.


Le laminoir. Photo d'en haut: Train de 450. Celle d'en bas: Train dégrossisseur de 650. Les ouvriers engagent un lingot réchauffé à 1 250 degrés entre deux cylindres tournant en ses inverse, afin d'en réduire l'épaisseur et d'en modifier la section. Les trains de laminage sont définis selon leur destination. (train dégrossisseur, à billettes, à profiler, à bandages, à biseau pour les couteaux, etc ).
L'année du certificat d'étude, notre maître nous avait emmenés visiter l'usine des forges. Dès l'entrée, le laminoir. J'étais fasciné de voir avec quelle adresse, les ouvriers, couverts de sueurs, attrapaient un gros lingot chauffés à blanc avec une grosse pince, faisaient un tour complet sur eux pour l'enfiler dans une entrée plus étroite, afin de l'amincir. Au dernier "passage" le lingot qui au début faisait moins de deux mètres, en avait une bonne dizaine. Parmis ces virtuoses, il y avait mon oncle Albert. Il devait finir sa carrière en tant que contremaître... Il était d'autant plus apprécié par ses camarades, qu'il était à la CGT... Mais chut !...

Four électrique à ferro-alliages vers 1920. L'acier est obtenu à partir de ferrailles de récupération, riblons, portée à une température de plus de 1500 degrés. L'hydroélectricité devient, dès le début du XX e siècle, la principale source d'énergie.
A suivre...