UN ENNEMI INTELLIGENT
VAUT MIEUX QU'UN AMI SOT.
On ne sait si ce proverbe africain veut faire l'éloge de l'ennemi ou la critique de l'ami. Sans doute un peu des deux. Dans la tradition proverbiale, l'ennemi, figure récurrente, est craint, détesté, combattu mais finalement respecté car reconnu dans son rôle. Son existence est un gage de légitimité, comme le dit une sentence latine du premier siècle avant notre ère. " Qui n'a point d'ennemi est fort à plaindre". On sait qu'on doit s'attendre de sa part à des attaques sans merci, mais on si prépare. En cas de victoire, on le traitera avec dignité, car est attendu de lui la réciproque, ce qui suppose une connaissance des codes et un rayonnement intellectuel. Son "intelligence" me garantit la loyauté du combat. La sottise, elle, désorganise le conflit et engendre de graves déconvenues. Elle est "ingérable" comme on dit aujourd'hui, même quand elle provient de ceux qui nous sont proches. Un mot historique que le maréchal de Villars chef de guerre de Louis XIV, l'empruntant aux anciens, aurait prononcé face aux anglais, va dans le même sens: "Dieu me garde de mes amis; mes ennemis, je m'en charge".
(Aucune image illustrant ce proverbe figurant sur mon livre de 200 proverbes expliqués, j'ai "volé" celle-ci sur le net )
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Avant de tourner la page, j'ai une pensée émue envers Daniel Cordier, ce grand résistant qui, à la demande du général De Gaule devint secrétaire de Jean Moulin. Il vient de mourir à 100 ans.