L'infatigable renne du grand nord
Lorsque le soleil reparaît au printemps dans le ciel arctique, les rennes se rassemblent en grand nombre et, tantôt à la nage, tantôt sur la terre ferme, gagnent dans la toundra sauvage leur territoire d'été. Spectacle inoubliable. (Image et commentaire page 94 du grand livre des animaux.)
Comparé à n'importe quel animal, le renne apparaît comme particulièrement vigoureux et endurant. Le froid ne le gène guère, et son pelage est imperméable. Un gilet de peau de renne vaut presque une ceinture de sauvetage, car, creux et emplis d'air, les poils de l'animal ont une grande flottabilité. Les rennes résolvent eux-mêmes, le plus souvent, le difficile problème de leur nourriture, trouvant et déterrant des aliments là où l'on aperçoit à perte de vue qu'un morne désert de neige.
A l'instar de la plupart d'entre nous, je n'ai jamais songé aux rennes, sauf peut-être à Noël. Je me l'ai représentais comme de grosses bêtes sans malice qui tiraient chaque année le superbe traînau rouge dont le père Noël se sert dans ses déplacements.
La fin de septembre marque le début des amours, où les mâles commencent à se constuter un harem de 30 à 40 femelles. C'est aussi la saison des luttes, et l'air retentit du choc des corps et du cliquetis des bois heurtés, au cours des combats que livrent les mâles pour défendre leurs femelles.
Hélas ! pour lui, tout comme de cochon, presque tout est comestible ou utile pour le confort des hommes. (Cette phrase est de moi.) Le renne constitue en effet une ressource économique précieuse. Ses poils servent à faire des matelas. Les crins de sa queue, des blaireaux. Sa peau des parkas, des mouffles, et des culottes. Ses tendons fournissent un fil excellent pour l'assemblage des différentes pièces des canoës, car en gonflant, ce fil rend les coutures imperméables à l'eau. Avec la corne de ses sabos et de ses bois on fabrique des manches de couteaux et des aiguilles. les membranes de son estomac sont utilisées pour l'empaquetage des fromages, et la peau de son font donne un cuir de semelle antidérapant qui facilite la marche sur la glace et sur la neige.
Les rennes tirent le traîneau primitif que les Lapons nomment pulka, mais sans jamais s'y résigner tout à fait. Un cheval sauvage, au bout d'un mois ou deux, s'habitue aux brancards d'un chariot, mais il faut six mois pour dresser un renne qui, jusqu'à son dernier jour ne cessera de se considérer comme une victime !
Extraits des pages 95, 96 et 97 du grand livre des animaux. Je me suis régalé à cette lecture. Je me suis mis à aimer les rennes.