le papillon migrateur du Canada
Durant tout l'été, aux Etats-Unis comme dans le Sud du Canada, dans toutes les régions où s'épanouissent des fleurs, ces grands papillons aux couleurs éclatantes, orange et noir, connus sous le nom de monarques, voltigent gracieusement dans les jardins. Puis vient un jour où ils se rassemblent par milliers, pour un long voyage en direction de Sud. Et les arbres où ils font escale pour la nuit, plient sous le poids de ces grappes suspendues à leurs feuilles ou à l'extrémité de leurs branches. Cette migration et l'un des déplacements de masse les plus considérables et les plus extraordinaires que l'ont n'ait jamais observés chez une espèce vivante.
Vers la fin septembre, ces minuscules voyageurs de l'air franchissent le continent Nord-américain, couvrant de l'Est du Canada au Sud du Mexique, une distance supérieure à 3000 km. Volant à une vitesse moyenne de 18 km/h, ils contournent les grands lacs, se lancent à l'assaut des vallées sinueuses des montagnes Rocheuses et traversent des déserts brûlants. Poursuivant avec opiniâtreté leur chemin à travers vents et orages, ces frêles créatures à peines plus lourdes qu'un duvet d'oiseau, peuvent parcourir jusqu'à 130 km en une seule journée. Au terme du voyage, elles se concentrent en colonies immenses sur la côte de Californie, depuis Pacific Grove jusqu'aux abords de Los Angeles et le long du golfe du Mexique.
Un magestueux papillon monarque... Les papillons sont éphémères, et pas un monarque ne saurait vivre assez longtemps pour accomplir deux fois le voyage aller et retour. L'un des traits les plus mystérieux des monarques est la façon dont ils se dirigent dans les airs. Doués d'une faible vision, il est impossible que les monarques utilisent des points de repère. Leurs seuls jalons ne peuvent se trouver que dans le ciel, le soleil faisant alors office de boussole. Par temps calme, ils sont capables de parcourir d'une traite 1000 KM. Portés par le vent, ils traversent mers et continents. Leur énergie indomptable , secondée par des vents portants et des arrêts sur des navires allant dans leur direction, à permis à certains d'entre eux de faire le tour du globe.
Heureux l'amoureux de la nature qui découvre en fin d'été un de ces arbres embrasés par les vives couleurs de milliers de papillons sur ses branches ! Il peut se vanter de contempler une des plus rares de toutes les féeries naturelles.
Peter Farb
(courts extraits de plusieurs pages consacrées au papillon migrateur du Canada, dans mon grand livre des animaux.)