31 Mars 1908/31mars 2020... Et oui mon cher papa, aujourd'hui, tu aurais 112 ans. Tu es parti il y a très longtemps, et pourtant, tant que mon cœur battra, c'est en lui que tu continueras à vivre. Nous t'aimions tant !
En écoutant chanter J.C. Gianadda en l'église Saint Michel, je m'étais senti ému jusqu'aux larmes. Cette chanson, MON PERE, est en effet le reflet de ce qu'avait été le mien.
Il a traversé les frontières (comme toi )
Fils d'émigré toujours loyale, toujours sincère
Lorsque la parole est donnée.
Il a connu le feu des guerres (tout comme toi )
Je crois que son cœur a saigné
Avec des jours, des nuits d'enfer
Plus qu'un ami, c'était mon père
Un homme de bien, un homme de paix
C'était mon héros, mon repère
Et je l'admirais en secret
Un cœur aussi grand que la terre
Il nous parlait d'égalité
Y avait en lui cette lumière
De ceux qui savent espérer
Mais il rayonnait de bonté
Un homme digne, intègre et fier
Ceux qu'il croisait le respectaient
Dans les coups durs et les galères
Il faisait le bien et se taisait
Avec son sens communautaire ( En 1944, lors de l'un
Sa chemise il aurait donné de ses mystérieux voyages à
Y avait dans ses yeux la lumière Grenoble, il ramena un jeune couple
La justice et l'humanité de juif que nous avons hébergés
Et tout là-haut dans le ciel clair durant deux mois, leur évitant ainsi
Je crois encore l'entendre chanter les camps de la mort )
MON PERE
Dans un livre, LA MEMOIRE A VIF, le poète et écrivain Progreso Marin, lui consacre tout un chapitre. Il décrit son engagement dans les bataillons français des brigades internationales, sa blessure lors de la bataille de Madrid, son retour en France la "rétirada" lors de la victoire fasciste de Franco. Il évoque ensuite ses contacts avec la résistance :
" Agent de liaison, il part aux champignons avec dans son panier des messages pour la résistance. "
Il termine son chapitre en ces termes:
La vie ne va pas l'épargner. Aveugle à 33 ans, il meurt de la maladie de Hopkins à 59 ans. Qué la tierra te sea leve companero ! (que la terre te soit légère camarade )
En ces tristes jours, une pensée admirative pour les médecins, infirmières, aides soignantes, femmes de ménages, brancardiers, etc, qui, malgré leur épuisement, se penchent sur les malades intubés pour essayer de les sauver au péril de leur propre vie. Ce sont de véritables héros...