L'AFFREUX POISSON-CHAT
Pourquoi affreux ? cet éboueur du monde des poissons, possède un plus grand nombre de facultés sensorielles que non pas les êtres humains eux-mêmes, et il se trouve, de ce fait, branché sur les aspects de l'Univers dont les beautés nous sont inaccessibles. Il entend par exemple le bruit que font les jeunes écrevisses suspendues aux soies des appendices abdominaux de leur mère; il "devine" le vairon qui est en train de mourir, très loin, dans un bouquet d'herbes; il sait , par une sorte d'intuition organique, s'il flotte le ventre en l'air, et il voit alors, au-dessus de lui, l'image déformée des arbres de la rive et celle des gamins qui attendent, gaule en main. Bref, le poisson-chat est comparable à un instrument d'une sensibilité exceptionnelle. Il Etonnamment sensible aux variations transmises par l'air, cet animal peut entendre, lorsqu'il nage près de la berge, le chant des fauvettes. IL saisit le pas pourtant étouffé du pécheur qui longe la rive, et c'est peut-être à cause de lui qu'est née la croyance selon laquelle " les poissons entendent le silence".
C'est en mai et en juin que, le long des rives des étangs, rivières et ruisseaux, se rassemblent les poissons-chats en quête de la compagne idéale. Chaque femelle évacue une masse d'oeufs compacte que le male fertilise ensuite. Chez la plupart des variétés, un de parents, généralement le père, recueille presque aussitôt dans sa bouche les oeufs fécondés; il les gardera pendant les deux ou trois semaines nécessaires à l'incubation, et observera durant cette période un jeune intégral. En fait, le poisson-chat conserve les alevins dans sa bouche, même après l'éclosion, jusqu'à ce que leur sac vitellin soit épuisé. Alors seulement il les rejette parmi les herbes du bord de l'eau. A partir de là, les parents escortent les alevins dans des eaux peu profondes. Dès que le père "sent" approcher la tortue ou le héron argenté, il rassemble immédiatement son fretin et l'enferme dans sa bouche; c'est cet abri que regagnent les alevins, la nuit venue, et jusqu'à ce qu'ils soient devenus trop gros pour y accéder.
( réflexion de l'ami Robic: " comme quoi, le poisson-chat n'est pas cannibale comme ses frères qui se nourrissent de poissons plus petits qu'eux ")
Extraits de textes et les images se trouvent pages 38 et 39 de mon grand livre des animaux.