En attendant Jeudi, jour de mon départ pour passer Noël chez mon fils Michel, je me suis replongé dans les poèmes de Victor Hugo. En lisant la légende des siècles, j'ai eu l'idée de combiner ses vers avec des images qui montrent qu'il y a toujours un objet plus grand que l'autre...
LA LEGENDE DES SIECLES
L'homme
Je suis l'esprit, vivant au sein des choses mortes
Je sais forger les clefs quand on ferme les portes
Je veux, tout m'obéit, la matière inflexible
Cède; je suis égal presque au grand invisible
Rien sans moi. La nature ébauche; je termine
Terre, je suis ton roi
LA TERRE
Tu n'es que ma vermine
Le sommeil, lourd besoin, la fièvre, feu subtil,
Le ventre abject, la faim, la soif, l'estomac vil,
T'accablent, noir passant d'infirmités sans nombre,
Et, vieux, tu n'es qu'un spectre, et, mort, tu n'est qu'une ombre.
Tu t'en vas dans la cendre, et moi je reste au jour;
J'ai toujours le printemps, l'aube, les fleurs, l'amour;
Je suis plus jeune après des millions d'années
J'emplis d'instincts rêveurs les bêtes étonnées.
Comme je fais le ver, j'enfante les typhons.
Globe vivant, je suis vêtu de flots profonds,
Des forêts et des monts ainsi qu'une armure.
SATURNE
Qu'est-ce que cette voix chétive qui murmure ?
Terre, à quoi bon tourner dans ton champs si borné,
Grain de sable, d'un grain de sable accompagné?
Moi, dans l'immense azur je trace un cercle énorme;
L'espace avec terreur voit ma beauté difforme;
Mon anneau, qui des nuits empourpre la pâleur,
Comme les boules d'or que croise le jongleur,
Lance, mêle et retient sept lunes colossales.
LE SOLEIL
Silence au fond des cieux, planètes, mes vassales !
Paix ! Je suis le pasteur, vous êtes le bétail,
Comme deux chars de front passent sous un portail,
Dans mon moindre volcan Saturne avec la Terre
entreraient sans toucher aux parois du cratère.
Chaos ! Je suis la loi, je suis le feu.
Contemplez-moi ! Je suis la vie et le milieu,
Le soleil, l'éternel orage de lumière.
SIRIUS
J'entends parler l'atome. Allons, Soleil, poussière,
Tais-toi ! Tais-toi, fantôme, espèce de clarté !
Pâtres dont le troupeau fuit dans l'immensité,
Globes obscures, je suis moins hautain que vous n'êtes.
Te voilà-t-il pas fier, ô grandeur des planètes,
Pour sept ou huit moutons que tu pais dans l'azur !
Moi, j'emporte en mon orbe auguste, vaste et pur,
Mille sphères de feu dont la moindre à sept lunes.
Que me sert de briller auprès de ce néant ?
L'astre nain ne voit pas l'astre géant.
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A demain pour la suite et fin de ces extraits du grand poète illustrés d'images