A l'approche des 60 ans, je me vantais de ne fréquenter les hôpitaux que pour rendre visite à des malades ou des accidentés, et me voilà allongé sur un brancard à roulettes poussé par des mains féminines, pour une ballade pas si désagréable que ça, puisque de temps en temps, on faisait une halte pour me faire entendre une douce musique apaisante.
Est-ce l'effet d'un cachet qu'on m'avait fait prendre une heure auparavant, ou ces belles mélodies que j'écoutais avec ravissement, que je me retrouvais dans une salle d'opération sans la moindre appréhension ? Quel accueil mesdames ! Une demi-douzaine de figures où l'on ne voit que les yeux ! Des bonjours de bienvenus, puis, hélas ! ce sont trois paires de bras masculins qui se glissent sous mon corps, puis, un, deux, trois, me voilà soulevé et allongé sur la table d'opération, sous un plafond d'où partent des rayons de lumière aussi ardent que ceux du Soleil !
Une dame aux beaux yeux se penche sur moi, m'applique un drôle de truc sur le visage, me souhaite une douce nuit, et la théorie de la relativité de mon ami Einstein se réalise puisque dans le même instant, j'ouvre les yeux dans ce qu'on appelle " la salle des réveils ".
J'abrège: Le jour de ma sortie, au dixième jour de mon hospitalisation, je demande au chirurgien qui doit m'enlever la broche entourant ma clavicule dans un an, dans combien de temps je pourrais remonter sur mon vélo. " Dans deux semaines" me dit-il. C'est mon gentil neveu, en compagnie de mon épouse qui me ramène à la maison, mon ange ne lâchant pas ma main durant tout le trajet.
Comme traitement, une douzaine de séances de kinésithérapie, et beaucoup de marche en forêt pour élargir ma cage thoracique. Quant à mon vélo, mon Elvire, avec la complicité de ma frangine, il avait disparu, enfermé dans une cachette !!! Après maintes et maintes recherche, je le découvris enfin, et profitant de leur escapade à Grenoble, je l'enfourchais et entreprenais la légère montée du Moutaret à 4 km ! C'est fou, au retour, l'appréhension que j'avais à chaque virages ! Heureusement, cela n'a pas durée !
Après une dizaine de sorties chaque fois plus longues, mon kiné reconnut que mon vélo était beaucoup plus efficace pour ma guérison que ses séances de thérapie.