Que de souvenirs tu viens d'éveiller en moi ! C'est vrai, mon ange de la montagne, il nous semble que c'était hier... Pour toi, j'ai retrouvé sur mon ancien blog un compte rendu de ce fameux BRA, le plus dur dans mon esprit parce que parcouru en une seule journée à 76 ans et que je retranscris ici.
Retour donc sur ce 19 Juillet 2009
Pour être sur place au départ de ce Bra 2009, j'avais réservé une chambre au Lycée de Vizille. Par téléphone, mon amie Catherine m'avait dit de dormir tranquille car c'est elle qui me réveillera. Et en effet, à 2h15, sa jolie voix titille à mon oreille : En forme ? Je la remercie, et à 2h30 j'attaque un copieux petit déjeuner. Ne la voyant pas je lui laisse un message sur son portable... Je suis au ref... Pas de réponse ! Je réalise qu'elle à dû se rendormir, car étant cyclo sportive elle va partir beaucoup plus tard, avec peut-être dans son esprit réaliser un temps canon ! A 3h premier départ. Nous sommes une soixantaine à s'élancer sous escorte policière. Tout à la moulinette, car il fait froid et les jambes ont besoins de se réchauffer! Pour ma part je suis sur le 38x19. La route commence à monter mais on ne s'en rend pas compte car la nuit et profonde. Après Bourg d'Oisans le bitume se dresse, oscillant entre les 5 et 7%. Le peloton éclate. Chacun pour soi. Mes deux copains de la roue libre partis heure après, me rejoignent et me larguent après un gentil coucou, sagement, je me garde d'accélérer et je continue à ma main. Le jour ce lève. Au barrage de Chambon, (1400m) premier contrôle ravitaillement. Il fait froid. Je ne m'attarde pas. Tout de suite après la Grave, je sens les prémices du sommeil. Il s'aggrave à 2 km du col du Lautaret... Une jolie voix chatouille agréablement mes oreilles ! " Alors Allevard ?" L'ange des montagnes vient de me rejoindre ! Je lui explique le besoin que j'ai de m'arrêter pour dormir et lui demande de ne pas se fatiguer en allant a mon rythme. Le Lautaret,(2058m) est inondé de soleil. J'hésite, puis attaque la grimpée du Galibier (2645m)
Tout de suite j'aperçois Catherine en train de se déshabiller. Elle me gronde ! "Tu m'as dis que tu t'arrêterai au Lautaret pour dormir ! " Et la voilà qui s'envole ! Je l'admire ! Ce qu'elle peut être belle. 5 km plus haut, j'aperçois le point de ravitaillement. Je vacille de plus en plus sur mon vélo. Prudent et pour ne pas tomber, je fais les 200 derniers m à pieds. Je tends mon vélo, annonce que je ne veux pas manger, mais dormir ! Je suis comme un homme ivre ! Deux jolies femmes me soutiennent et m'allongent sur le lit d'un camping-car. Je m'éveille au bout d'une heure et demi en poussant le cri de Tarzan ! Je m'empiffre, déclare que la forme est revenue et j'attaque les derniers lacets du Galibier en compagnie d'une douzaine de fadas comme moi. Lors de la descente, le froid très vif finit de me réveiller. Le Soleil nous réchauffe dans la traversée de Valoire, et le gentil Télégraphe (1566m) se laisse conquérir comme une jeune femme avide d'amour... Je m'arrête une heure à Saint Michel de Maurienne, histoire, tout en me restaurant de récupérer avant l'acsension du Mollard (1638m). Je ne vous dirais pas que je l'ai avalée les doigts dans le nez, des dizaines de cyclistes partis 7 h avant moi, me crient courage ! Du courage il m'en a fallut beaucoup, Quand, arrivais à St. Sorlin, je revis le mur de 6 km qui nous propulse au sommet de la Croix de fer (2068m) J'y arrivais à 17h45 quand on me tempona le carton sous les applaudissements et félicitations.... Moi, je songeais avec nostalgie à mon ange qui depuis des heures était en route pour Manosques, et à mes deux amis de mon club qui avaient sans doute depuis longtemps rejoins leurs épouses. J'ai franchi la ligne d'arrivée à 19 h 35. (225km et 4165 m d'élévation ) Les organisateurs m'apprirent qu'ayant participé pour la 5ième fois au BRA, j'allais recevoir mon brevet d'honneur. Cette nuit là, j'ai dormi 11 heures d'affilées.