Je n'ignore pas que la jeunesse d'aujourd'hui à le même regard sur la guerre de 40 que j'avais à leur âge pour celle de 14-18. Aussi, c'est avec d'autres yeux, quelquefois humides que j'ai suivi durant ces deux jours la commération du débaquement. Images qui m'ont fait revivre en mémoire des souvenirs quelquefois tragiques, comme la mort de mon meilleur ami d'enfance, Antoine, décapité par une bombe Allemande lors du seul bombardement sur Allevard. Il avait 10 ans.
Cette image date de 1941. Mon oncle, frère de maman se trouve à la gauche de la photo. Désigné pour se rendre en Allemagne pour y travailler (STO) il choisit, comme ses camarades, de rejoindre les premiers maquis, prémisse que seront les FTP (Francs-tireurs et partisans français) organisé par le parti communiste. Les quelques frictions qu'il y eut entre les FTP et l'OAS (Organisation armée secrète gauliste ), furent vite effacées en fusionnant avec les FFI Forces Françaises de l'intérieur )

A 17 ans, mon plus jeune oncle rejoignit son frère dans la résistance. Par chance, il revinrent vivant de cette tuerie qui dura pour eux 4 ans, les conduisant dans divers maquis, puis en Italie avec l'armée française de libération pour finir en Autriche où ils apprirent la capitulation sans condition de L'Allemagne. Ce fut beaucoup plus tard que j'appris le rôle actif de mon papa, cette homme tranquille, dans la résistance, faisant de mystérieux voyages à Grenolble puis rendant visite au Plan de la vache où se tenaient les maquisards. C'est au cours de l'un de ses voyages à Grenoble, qu'il nous ramena un jeune couple: (mon tonton et ma tata !) C'etaient de jeunes juifs traqués par la Gestapo.
Sur le mur du monument aux morts, cinq noms sont ajoutés à ceux de 14/18, dix Allevardins morts pour la France.